Super Trash, le super doc de Martin Esposito

La Glacière est une immense décharge à ciel ouvert située au bord de la Côte d’Azur à Villeneuve-Loubet (06), une ville portuaire située entre Nice et Cannes. C’est en ces lieux, que Martin Esposito s’installe durant plus d’un an pour réaliser et signer « Super Trash » ; un documentaire choc et sans complaisance sur la question de notre avenir, qui promet d’animer et déclencher de nombreux débats…

Les origines du documentaire

Grand voyageur et ancien champion de Windsurf, Martin Esposito revient sur ces terres natales, à deux kilomètres de chez ses grands-parents. Il découvre amer et écœuré que la cabane de son enfance, ancien abris d’ouvriers agricoles et autrefois niché dans la forêt, est aujourd’hui encerclé d’une muraille de détritus ; la décharge de la Glacière.

Devant ce constat et désarroi, l’objectif de Martin Esposito est dés lors, de témoigner de l’endroit et réveiller les consciences sur l’impact et les conséquences de notre sur-consommation. Avec la nécessité de créer un lien cinématographique de la nature afin d’édifier le contraste entre la décharge et la forêt.

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« Je croyais n’y consacrer qu’une semaine de tournage et enchaîner avec mon tour du monde. Mais très vite j’ai vu que la folie humaine était aussi présente chez moi, en France », nous explique Martin Esposito. Et de continuer : « Il fallait une motivation. Dire que nous n’avons pas besoin d’aller au Brésil ou au Kenya pour voir ça! ».

Ainsi, durant 14 mois, notre reporter et réalisateur s’installe à une centaine de mètre de la décharge, dans la bicoque en bois de son enfance, se nourrissant des restes de nourriture et supportant la puanteur des lieux. Armé de trois caméras et d’un masque de protection, il y filme au quotidien ses émotions et ses états d’âme, livrés au rythme immuable des allers et venus des camions et bulldozer qui déchargent et nivellent les détritus. Au fil des jours, les employés de la « Glacière » s’habitue à sa présence et commence à lui révéler les secrets déroutant de cette énorme décharge, dispersant à elle seule, plus de 14 millions de tonnes de déchets…

Images choc et trash

Super Trash

Les images et informations capturées par Martin Esposito sont alors détonantes ; teneur d’eau en arsenic trois fois supérieur à la normal, cercueil d’enfant déterré, animaux englués, des milliers de bouteilles en verre, des torrents d’excréments et de boues d’épuration déversés, des parfums de luxe sous emballages où encore les tapis rouge, billets, badges et flyers du Festival de Cannes…

Sans oublier le lixiviat, ce jus de poubelles généré par les eaux de pluies et de la fermentation naturel des déchets, qui s’achemine dans la rivière voisine menant jusqu’à la mer, alors qu’il devrait être soigneusement collectés et traités.

Nous renvoyant tous à nos responsabilités et pulvérisant la fable du recyclage et du tri sélectif, Martin Esposito force nos consciences et ceux du gouvernement à ouvrir les yeux sur cette réalité aux portes de nos villes et relancer le débat du recyclage en France.

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La polémique du Festival de Cannes et la réponse de Thierry Frémaux

« Super Trash » dénonce et mets à mal l’éco-responsabilité du Festival de Cannes en débusquant au sein de la méga décharge, le mythique tapis rouge et autres objets du plus grand et glamour évènement de cinéma au monde.

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Face à cette polémique et ces images, Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, se défend et répond à Martin Esposito :

« En gros, je ne vais pas vous en dire du bien. Je trouve ça bizarre que l’on veuille salir le Festival de Cannes et en même temps vouloir en profiter en demandant à y être sélectionné ».

Puis sortie du contexte de la polémique, le discours se fait plus doux et le film de Martin Esposito retrouve une crédibilité cinématographique aux yeux de Thierry Frémaux :

« A titre personnel, le sujet de ce film est bien sûr important. Le problème des décharges est un vrai problème. D’ailleurs l’année dernière on avait projeté le film de Fatih Akin qui traite du même thème mais en Turquie. Quand j’ai vu le film de Martin Esposito, cela m’a fait beaucoup réfléchir et on a refait tout le processus du recyclage des déchets, ça nous a servi de leçon pour faire de la traçabilité plus exigeante. Je pense donc que sur le fond il a raison mais que sur la forme, il se trompe comme Michael Moore dans Bowling for Colombine qui se payait Charlton Heston, ce vieil acteur fatigué. Le risque est que Super Trash soit résumé à l’épisode Cannois alors que ce film pose une question beaucoup plus importante : dans quelle civilisation souhaitons nous vivre. »

 

Sortie en salle et jeu concours

Soutenu par plus de 20 000 personnes ayant signé une pétition pour la diffusion du film, défendu par le Centre National d’Information Indépendante sur les Déchets (CNIID), réalisant des collectes de fonds par divers associations dont Greenpride, sont autant d’actions, qui ont rendu possible la sortie en salle de ce saisissant documentaire, prévue pour ce 9 Octobre 2013.

MAJ du ticket au 12/10/2013
Super Trash est disponible dans les salles parisiennes suivantes : 7 Parnassiens, Saint André des Arts, Arlequin (1 séance par jour) et Saint Lazare Pasquier

Des places sont aussi à gagner via le Facebook Officiel du film pour l’avant-première Presse du mercredi 25 Septembre, présenté à Paris.

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Bande annonce officielle et extraits
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 Liens pratiques

 

  1. JP dit :

    Merci pour ce superbe article, j’ai hâte de découvrir ce film au cinéma !
    Malheureusement voici un autre sujet dramatique, une île poubelle ! Eh oui cela existe et cette île se trouve au Maldives et s’appelle Titafushi, je vous laisse regarder le reportage c’est affligeant voici la vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=3mfOIpP68a4

  2. Eloïse dit :

    J’ai l’impression de me sentir crade, en découvrant cet article. Et si on faisait la même chose dans les rues d’un quartier parisien?

  3. Super Trash est disponible depuis ce mercredi dans les salles parisiennes suivantes : 7 Parnassiens, Saint André des Arts, Arlequin (1 séance par jour) et Saint Lazare Pasquier. A voir absolument !