Apple assouplie ses clauses sur l'iOS et autorise Flash CS5 sur iPhone/iPad

Apple redevient raisonnable et assouplit les clauses de l’accord de licence de l’Apple-Store ! La révision de la clause 3.3.1 est la plus sensationnelle, permettant entre autre, la création d’application pour iOS (le système d’exploitation du trio iPhone/iPod/iPad) avec Adobe Flash CS5.

Trois clauses révisées

Après plusieurs mois d’une petite guerre entre vieux amis que sont Apple et Adobe, ce changement stratégique de Steve Jobs est aussi inattendu qu’une très bonne nouvelle pour tous les développeurs et les éditeurs :

« Nous cherchons en permanence à rendre l’App Store encore meilleur. Nous avons écouté nos développeurs et avons pris à cœur leurs commentaires. Grâce à leurs retours, nous mettons en place aujourd’hui d’importants changements au niveau de la licence de notre programme de développeurs iOS, au sein des sections 3.3.1, 3.3.2 et 3.3.9 afin d’assouplir certaines restrictions que nous avons mises en place plus tôt dans l’année », précise le communiqué de presse d’Apple.

Et Apple d’annoncer :

« Nous assouplissons toute restriction concernant les outils de développement utilisés pour créer les applications iOS, tant que les applications qui en résultent ne téléchargent pas de code. Cela devrait donner aux développeurs la flexibilité voulue, tout en préservant la sécurité dont nous avons besoin. »

Concrètement, Apple lève donc son interdiction imposée au début de l’année aux logiciels de développement, comme Flash CS5 d’Adobe ou MonoTouch de Novell qui offrent la possibilité de convertir et compiler du code pour produire des applications iOS. Sous l’effet de cette annonce, l’action Adobe à grimpé de 12% à 32,86 dollars et le groupe d’annoncer :

« Nous sommes rassurés de voir Apple lever les restrictions sur les termes de sa licence, offrant aux développeurs la liberté de choisir les outils qu’ils utilisent. »

Cependant ne pas confondre, le communiqué de presse d’Apple ne signifie pas que le player Flash pourra désormais être lu sur le triptyque iPhone/iPod/iPad. Le choix aux développeurs du langage et de la plateforme utilisé pour créer des applications sous l’iOS est tout de même une avancée exceptionnelle de la part d’Apple, tant ils ont été inflexible sur le sujet ces derniers mois.

L’autre clause révisée, la 3.3.9, concerne le recueil des données personnelles des utilisateurs, qui notamment avait bloqué la régie publicitaire AdMob sur iOs (désormais sous la tutelle de Google).

« Vous ou vos applications ne pouvez collecter les données des utilisateurs ni de leurs appareils sans leur consentement préalable, et ce faisant à seule fin de fournir un service ou une fonction qui soient directement pertinents pour l’utilisation de l’application, ou pour distribuer des publicités. Vous ne pouvez pas utiliser de fonctions analytiques dans votre application pour collecter et envoyer des données concernant l’appareil à une tierce partie. »

AdMob retrouve dés lors sa patente sur l’Apple Store, et Google de se réjouir de la nouvelle :

« C’est une grande nouvelle pour toute la communauté mobile, car nous pensons qu’un environnement concurrentiel est le meilleur moyen de pousser l’innovation et la croissance dans la publicité mobile. La publicité mobile a déjà concouru à financer des dizaines de milliers d’applications à travers de nombreux appareils et plateformes différents, et continuera de le faire pour bien des années encore. »

Rappel de l’historique fraticide entre Apple/Adobe

Steve Jobs n’a jamais été pour inclure le player Flash sur l’iPhone et l’iPod, au grand désarroi de ces nombreux utilisateurs. Officiellement est mis en cause la qualité et le bon fonctionnement des applications Flash sur l’iOS, qui seraient trop gourmandes et instables d’après le patron de Cupertino. Officieusement, les raisons sont plus stratégique et mercantile, Apple ayant toujours souhaité tout contrôler et ne pas perdre la main sur un certain type d’application au sein de leur Apple Store. Accéder à des outils ou jeux Flash en accès direct à partir de Safari, le navigateur web embarqué des iPhone/iPod/iPad, joue en défaveur de la stratégie même de l’Apple Store.

S’en est suivis une passe d’arme qui a fait couler beaucoup d’encre, entre Apple et Adobe. Afin de contourner une partie du problème, Adobe annonce quelques semaines avant la sortie de son nouveau logiciel Flash CS5, une fonctionnalité vedette et très attendue : un compilateur ActionScript basé sur LLVM, permettant ainsi de développer des applications pour l’iOS et pouvant être soumis à l’Apple Store. Quatre jours avant la sortie officielle de la suite CS5 d’Adobe, Apple annonce la révision de la clause 3.3.1, interdisant la compilation d’applications à l’aide d’autres outils que ceux fournis par Apple, ainsi que l’inclusion de code interprété. Coup de matraque chez Adobe et de nombreux environnement de développement alternatifs. Adobe engage alors une enquête diligentée à l’encontre d’Apple par la Commission Fédérale du Commerce.

Pourquoi un tel changement stratégique d’Apple ?

Plusieurs analyses sont faites autour de ce changement stratégique d’Apple :

  • le support de Flash 10.1 sous Android dans la dernière mise à jour de l’OS mobile de Google
  • l’enquête anti-monopolistique de la Commission Fédérale du Commerce lancé par Adobe
  • le déficit d’image sur son intransigeance suscité, notamment dans la communauté des développeurs
  • la clause 3.3.1 ne permettait plus d’intégrer des moteurs de jeux incontournable vers l’iOS, comme le portage du renommé Unreal Engine 3 ou l’Id Tech 5 de chez Rage

Tout ça cumulé, la pomme à très certainement voulu éviter tout risque de se faire forcer la main dans une humiliation publique sévère, et revenir d’elle sur les clauses litigieuses…

Les produits principaux concernés par la révision des trois clauses Apple

Les logiciels suivants devraient redevenir utilisables pour développer des applications iOS :

  • Flash CS5 d’Adobe, qui dispose d’un compilateur ActionScript basé sur LLVM
  • MonoTouch de Novell, qui permet de compiler du code .NET (C#, Visua Basic .NET, etc.)
  • Unity d’Unity Technologies, une plate-forme de jeux disposant d’un interpréteur C#
  • iSpectrum de FlexyCore, qui permet de compiler du code Java
  • Titanium d’Appcelerator, qui s’appuie sur du code JavaScript (a priori non compilé) et les standards du web
  • AdMob et autre régie publicitaire pour le recueil des données personnelles des utilisateurs.
  1. Vincent dit :

    Enfin il était temps, pour de bon !

  2. Turga dit :

    Je pense qu’ils ont fait machine arrière avant qu’on les y oblige tôt ou tard.

  3. @Turga : ça à dû peser fortement dans la balance, avec le portage des moteurs de jeux et Android qui supporte très bien le Flash…

  4. Hiteule dit :

    Apparemment il y aurait surtout une enquête de la FCC qui aurait débuté… Apple aurait-il peur de son petit monde fermé ?

  5. Adobe à annoncé que concernant Flex, les développements pour mobiles se feront dans une version unifiée du framework (moblie et desktop) dont le nom de code est Hero
    http://opensource.adobe.com/wiki/display/flexsdk/Hero.

    Et d’annoncer évidemment la reprise de tous leurs développements en ce sens :
    http://blogs.adobe.com/conversations/2010/09/great-news-for-developers.html